Jacques Goüin, fidèle jusque dans la mort

Jacques Goüin appartenait à une célèbre dynastie de banquiers qui a donné son nom à un des plus beaux hôtels particuliers de Tours : propriété de département d’Indre-et-Loire, l’hôtel Goüin accueille des expositions.

Jacques Goüin en tenue de vol. (La Guerre Aérienne n°28)

Jacques Goüin est né le 18 août 1887 au manoir de la Cantrie, à Saint-Fiacre-sur-Maine (Loire-Atlantique). Comme son frère Pierre, mort également à la guerre, il a fait ses études au collège Saint-Grégoire de Tours, de 1890 à 1900. Comme deux autres familles – Hay de Slade et La Tullaye – les Goüin se partageaient entre la région nantaise et la Touraine (son aïeul, banquier, y était né juste avant la Révolution).

Après des débuts dans la cavalerie, au 24e régiment de dragons, Jacques est devenu observateur au sein de l’escadrille N 23, une des meilleures escadrilles de chasse qui vit tomber de grands pilotes : Marcel Brindejonc des Moulinais, Marcel Garet, le Tourangeau Maxime Lenoir, le capitaine Louis de Beauchamp puis Jean Baumont. Pour Jacques Goüin, c’était le 23 avril 1917, lors d’une attaque des chasseurs allemands. Il a reçu trois balles et est décédé des suites de ces blessures, à l’hôpital de Souilly, dans la Meuse.

Une victoire lui a été homologuée ce jour-là. La deuxième selon la citation dont il a fait l’objet. L’avion allemand ainsi abattu près de Montfaucon était piloté par le Vizefeldwebel Arno Schramm, de la jasta 17, le supposé vainqueur de Maxime Lenoir.

Jacques Goüin avait choisi d’être inhumé auprès du capitaine Louis Robert de Beauchamp. Celui-ci a été ramené à Saint-Julien-l’Ars (Vienne), près des siens (dont sa mère victime de l’incendie du bazar de la Charité). Jacques Goüin est resté à Verdun, dans la nécropole nationale du Faubourg-Pavé.

Didier Lecoq

Publié dans Aéroplane de Touraine le 21 mai 2011

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